« Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leur regard » (Luc 24,13-35)
L’histoire visible de Jésus se termine, commence sa présence invisible. Une fraction du pain, et tout est transfiguré. Fulgurance de la résurrection. Tout se passe en un instant, en un geste, en un regard, une lueur mystique au fond d’une auberge. La résurrection surgit dans nos vies et transforme tout. Il s’offre et se retire, il apparaît, il se fait connaître, tellement présent qu’il disparaît, il pourrait nous brûler. Sa présence reste imprimée en nous, indélébile. Jankélévitch a cherché à capter cette fulgurance, épignose, entrevision, « apparition disparaissante ».Ce mystère de l’instant est à saisir au vol. Soyons attentif.
« Notre cœur n’était pas si brûlant ? » Il brûle nos cœur de sa parole, son feu illumine nos nuits. La résurrection est vivifiante, elle se passe dans le cœur. « Jésus leur est apparu du dehors, comme il était au dedans d’eux même » Grégoire le grand. Il nous apparaît comme nous l’aimons, là où notre coeur est le plus brûlant. Sa réssurection reste un évenement confidentiel, il ne se montre pas à ceux qui l’ont condamné, il ne se montre pas à Pilate, à Caiphe, ou au peuple de Jérusalem, il se montre à ceux qui l’aime. Seul un cœur en éveil peut renaître à son feu. Une fraction du pain et les pèlerins d’Emmaus deviennent croyants. Écouter ce cœur qui brûle plutôt que nos cerveaux qui doutent. Hauts les cœurs, renaître à l’Espérance, courir à Jérusalem, ressusciter avec nos frères. C’est avec un cœur brûlant qu’on voit le ressuscité.















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